Centre de Santé Communautaire à Pan-Makak

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HISTORIQUE DU VILLAGE DE PAN-MAKAK

Selon la légende, le village Pan, comme toute l’ethnie Bassa, proviendrait de Ngog Lituba, une grotte située dans le département de la Sanaga Maritime. Au début des temps, un ancêtre partit de cette grotte en raison de la solitude dans laquelle il vivait. Il traversa la Sanaga et enfanta au cours de son itinéraire un fils nommé Nwai Kadak, un grand chasseur.

Ce chasseur s’installa dans un village pour stopper la vie nomade de son père. Il chassait le gibier avec son arc et les autochtones lui donnèrent le surnom de « Nlen Mpan », un lanceur d’arc. Tout en chassant, Nwai Kadak faisait beaucoup de promesses aux autochtones, sans toutefois tenir parole, d’où un surnom de plus à son endroit «Makak» qui signifie « les promesses ». L’un des descendants de Nwai Kadak ne sachant pas prononcer ce surnom «Nlen Mpan Makak» l’appelait tout simplement Pan Makak, qui est aujourd’hui le nom du village où cet ancêtre vécut. Entre les deux guerres (1918-1939), Pan Makak était un village paisible et homogène, dirigé par un grand chef nommé MBEI. A la guerre d’indépendance du Cameroun (1948-1960), les divergences de vue entre les partisans de l’armée indépendantiste de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) et ceux de l’armée coloniale aboutirent à la scission du village en deux chefferies (Pan Makak et Pan Kombe); plus tard, la mauvaise répartition territoriale des biens du développement, tels que le siège du marché, celui de la Sodecao, de l’école ou de l’église, a entraîné à nouveau la scission de Pan Makak qui devient Pan Makak et Pan Somakondo.

A ce jour, le village Pan Makak désigne Pan Makak proprement dit, Pan Kombe et  Pan Somakondo. Ces trois chefferies de 3ème degré se partagent quatre grandes familles, à savoir les Log Nwa, Log Bô, Log Mpeck et Log Makendi. Les hommes de la nouvelle génération ont réussi à réconcilier ces trois chefferies qui, ensemble, portent le nom historique de Pan Makak, nom officiel du village que qu’ils utilisent dans l’association unitaire et dans leurs projets de développement.

ORGANISATION SOCIALE ET POLITIQUE DU VILLAGE

Le village de Pan Makak abrite sur son sol une population homogène de l’ethnie Bassa. La société est basée sur la famille élargie qui comprend le père comme chef de famille, la mère, centre d’action sociale de la famille, les enfants, les ascendants (grands-parents), les oncles, (seconds pères); les tantes (secondes mères), les cousins (seconds frères) et les membres de la belle-famille.

Plusieurs familles du modèle sus-décrit se regroupent pour former la grande famille (ex. Log Nwa) qui est représentée par un notable surnommé «Nkougi Boum» qui signifie littéralement « fantôme gardien de la concession ». Les grandes familles réunies sont dirigées par les patriarches, qui détiennent le pouvoir ancestral conservateur. Les trois chefs traditionnels de Pan Makak représentent l’autorité administrative ; ils rendent compte de leurs activités au Sous-préfet de l’arrondissement de Bot-Makak. Ces chefs traditionnels sont assistés dans leurs tâches par les notables du village.

La vie politique est impressionnante. Toute la population milite dans l’âme, au parti nationaliste historique de l’UPC (Union des Populations du Cameroun). En action, 70% de la population milite pour le parti au pouvoir, le RDPC pour des intérêts que ce dernier met à la disposition de ses militants. Ce militantisme instable, ce comportement de « chauve-souris » pratiqué par la population camerounaise entière, se justifient par la confusion que les dirigeants instaurent entre l’Etat et le parti au pouvoir. Les autres partis politiques sont quasi inexistants dans le village.

ASPECTS CULTURELS

La religion

Le christianisme est le seul courant religieux qui existe à Pan Makak. Près de 85% de la population est chrétienne catholique, encadrée par une paroisse en création dans le village. Les 15% restants se partagent l’église presbytérienne camerounaise et les nouvelles églises qui chaque année voient le jour.

L’ordre social

Le sexe et l’âge des individus sont à la base du respect et de la bienveillance entre personnes. Ainsi, l’homme est le maître incontestable de la femme, et les vieux se font écouter d’abord pour leur âge et, seulement ensuite, pour ce qu’ils disent.

L’éducation sociale et familiale

Elle a une allure initiatique et solitaire. Le jeune garçon est initié pour la bravoure par son père et la jeune fille pour la maternité et le foyer par sa mère. L’enseignement moderne est plus favorable aux garçons qu’aux filles, parce que, généralement, la formation d’une fille est considérée comme un gâchis par les parents qui pensent que lorsqu’elle sera mariée, tous ses acquis ne serviront finalement pas à la famille de naissance.

Les tabous

Le sexe a toujours été un sujet tabou et en parler aux enfants est considéré comme un crime. Même entre adultes, on préfère souvent utiliser les gestes ou les images plutôt que des mots véritables pour désigner l’acte sexuel.

Les interdits

Les interdits alimentaires sont encore légions au village. Ainsi, une femme n’a pas le droit de manger certaines variétés alimentaires, telles que le boa, le rat, le silure, …etc., officiellement parce que ces viandes sont vénérées et dangereuses pour une femme qui doit encore accoucher.

Les croyances

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