Centre de Santé Communautaire à Pan-Makak

Centre de Santé Communautaire à Pan-Makak

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Elles sont prépondérantes à Pan Makak et dans toute la sous-région :

  • Les rêves et les pressentiments gouvernent la spiritualité, surtout lorsqu’ils sont dévoilés et interprétés par un vieillard.
  • La sorcellerie est une hantise permanente et une force supplémentaire pour ces individus qui se transforment en plein jour pour détruire les biens et les personnes, ce qui pousse certains jeunes vers le chemin de l’exode.
  • Les signaux fournis par la nature à travers les odeurs, les cris d’oiseaux et d’animaux, le souffle du vent, la couleur des nuages, …etc., sont noblement interprétés par les vieux et les jeunes initiés, et directement traduits en messages que la population prend généralement très au sérieux.

Les coutumes

Elles constituent le code juridique de la société traditionnelle. Par exemple, les différends entre personnes sont réglés selon les considérations coutumières pour lesquelles les peines vont d’un coq à donner à 100 chèvres, selon la gravité de la faute commise. Parfois même, le tribunal coutumier condamne l’individu à la mise en quarantaine quand le délit est très grave. Les mariages sont coutumièrement célébrés dès que le prétendant verse la dote à la belle-famille et lui donne la nourriture exigée.

Les rites

Ils ont une grande valeur dans la société locale. Certaines cérémonies traditionnelles permettent d’éloigner le sort lié à un individu ou une famille, et confèrent ainsi, une protection durable vis à vis des maladies ou des malédictions.

Ces dernières décennies, le village Pan Makak se heurte aux gros problèmes de conflit de génération. Les jeunes ont tendance à bannir radicalement la tradition sans pouvoir accéder au modernisme de la civilisation occidentale. Les parents veulent s’accrocher à la tradition sans avoir à leur disposition les acquis du passé pour pouvoir appliquer les règles et coutumes ancestrales. Cette impasse socio-culturelle qui ne permet pas aux vieux de vivre leur passé ou aux jeunes de vivre leur avenir crée une situation intermédiaire bourrée d’inconvénients et de bavures pour la paix sociale et le développement.

C’est pour limiter ces dégâts et créer une réconciliation entre les uns et les autres que nous avons créé cet instrument d’arbitrage qu’est L’O.R.D.E.S. Car au-delà des divergences d’âges, il y a un point de convergence vers lequel tous, jeunes et vieux ont une aspiration: c’est la paix sociale, la santé et l’amélioration des conditions de vie en général, que ce soit celle du modèle ancestral ou du modèle occidental.

ASPECTS ECONOMIQUES

A 90%, l’économie est basée sur les activités à caractère agro-pastoral. Les hommes font des plantations avec un accent particulier sur le cacaoyer, cultivé depuis près d’un siècle dans la région. Ce cacao a une production saisonnière, une fois par an (octobre-décembre). Avec la libéralisation des marchés, les planteurs se regroupent en Groupements d’Initiatives Communes (GIC) pour présenter collectivement leur récolte à un acheteur qui prend tous les produits au même prix par kilogramme. Mais face à une urgence financière, certains planteurs se livrent souvent aux ventes isolées de leur production à un prix plus bas. Les femmes cultivent les champs selon la méthode poly-culturale traditionnelle associant macabo, taro, manioc, maïs, arachide, gombo et d’autres spéculations minoritaires. Les récoltes médiocres sont destinées à la vente dans les grandes villes à 70%, et à la consommation familiale dans 30% des cas.

Depuis quelques années, avec la précédente chute des prix du cacao, les hommes et les femmes se sont mis ensemble dans la culture du bananier plantain qui est vendu dans les grandes villes et aux revendeurs qui l’exportent vers le Gabon et la Guinée-Equatoriale.

Les arbres fruitiers de variétés différentes existent (pruniers, manguiers, orangers, citronniers….). Initialement, on ne les plante pas pour vendre, mais devant une production excédentaire, les fruits sont vendus en ville lorsque l’état des routes le permet.

Le maraîchage techniquement délicat n’est pas pratiqué intensément au village.

Le petit élevage existe ; mais, les promoteurs abandonnent les bêtes qui se nourrissent finalement des fruits et des champs chez les voisins, constituant ainsi plus un problème social qu’une solution économique pour le village.

La chasse est en voie de disparition, car pratiquée sans réglementation. Avec la disparition des forêts dans le paysage actuel du village, même le rat commence à être introuvable.

La pêche n’est pas développée dans le village. Les rivières sont certes abondantes, mais la surexploitation et les conditions écologiques ne permettent plus la prolifération du poisson d’eau douce.

L’artisanat a beaucoup de potentialités, mais reste embryonnaire. On rencontre quelques villageois qui fabriquent des lits en bambou, des nattes, des paniers et quelques objets d’ameublement.

La transformation alimentaire est presque inexistante. Seules quelques femmes fabriquent le bâton de manioc et le tapioca de manière extensive, destinés au commerce et à la consommation locale.

Les échanges commerciaux sont contrariés par l’état des routes. Les récoltes destinées à la vente dans les grandes villes se font en saison des pluies quand les routes sont impraticables, compromettant ainsi l’effort des paysans. En saison sèche, quand les routes sont praticables, seuls le plantain et le macabo se récoltent.

Jadis, un marché mensuel était organisé tous les derniers samedis du mois dans le village. Mais, depuis une dizaine d’années, la fréquentation courante des villes a rendu inutile ce marché qui a même disparu. Reste, cependant, un marché périodique bimensuel qui se tient au centre de Bot-Makak. Les villageois de Pan vont plus pour le divertissement et le loisir que pour les raisons commerciales.

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