Centre de Santé Communautaire à Pan-Makak

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POUVOIR D’ACHAT ET NIVEAU DE VIE DE LA POPULATION LOCALE

Deux problèmes importants se posent sur le pouvoir d’achat des populations locales à Pan

Le 1er problème :

Il concerne l’insuffisance des ressources financières. En effet, la population connaît une prospérité financière 3 mois sur 12 (d’octobre à décembre), période correspondante à la vente de cacao. Des cas sporadiques de recettes sont aussi observés lors de la vente du plantain (février-mars) et d’arachide (juin). Les fonds générés par ces ventes périodiques ne sont pas quantitativement suffisants.

A titre d’exemple, le plus grand planteur a vendu 28,5 sacs de cacao de 70 kg l’année dernière pour gagner 1 100 000 FCFA (2.750 Frs)à raison de 550 F CFA (1 Frs 28) le kilogramme. Si l’on suppose qu’il a également vendu avec son épouse 10 sacs d’arachides à raison de 12 000 F CFA (30 Frs) le sac, soit 180 000 F CFA (450 Frs), 50 régimes de plantains à raison de 700 F CFA (1 Frs 75) le régime, soit 35 000 F CFA (87 Frs 50) et 3 chèvres à 25 000 (62 Frs 50) l’une, soit 75 000 F CFA (187 Frs 50). Le revenu annuel maximal de cette famille laborieuse sera donc de 1 330 000 F CFA (3.325 Frs).

A côté de ce grand planteur, il y a les tout petits, majoritaires au village, qui ne gagnent pas la somme de 250 000 F CFA (625 Frs) par an.

En résumé, le revenu moyen par famille de 10 personnes, enfants compris, n’excède pas 400 000 F CFA (1.000 Frs) par an, soit 33 000 F CFA (82 Frs 50) environ par mois, et donc 3 300 F CFA (8 Frs 25) par personne et par mois.

Le 2ème problème :

Il concerne la gestion. Les sommes récoltées périodiquement ne sont pas planifiées dans l’année. Elles sont directement converties en boissons et autres plaisirs, comme si les populations voulaient en un jour oublier leur misère quotidienne. C’est ainsi que les villageois sont en fête permanente, faisant de grandes consommation de boissons et d’aliments pendant les trois mois de vente du cacao, mais dès que le mois de janvier commence, ils n’ont plus d’argent pour survivre ; situation risquée qu’ils endurent jusqu’à la prochaine vente de cacao de l’année suivante.

Dans les familles les plus organisées, on investit, on s’équipe et on se bat pour améliorer les conditions de vie en dépit du contexte très peu favorable. Puisque Pan Makak, comme tous les autres villages du sud de l’arrondissement, n’est pas approvisionné en électricité, quelques familles, après des années de tontines et d’épargne, se sont dotées de groupes électrogènes, de téléviseurs et de radio-cassettes qui fonctionnent quelques heures dans les nuits de fête, pendant les veillées mortuaires, et lors des matches internationaux auxquels participent les Lions Indomptables du Cameroun.

Aux moments forts du football, toutes les populations se ruent vers ces habitations peu spacieuses pour la circonstance pour visionner le match. Souvent on est obligé de positionner des miroirs dans différents sens pour multiplier les sources d’images à partir d’un même écran de téléviseur pour satisfaire le maximum de téléspectateurs, venus après des kilomètres de marche, observer une seule action de ce match de football. Bien entendu, ceux qui ont pu visionner la première partie dans ces conditions devront céder leur place aux autres à la deuxième partie pour qu’à la fin du match chacun rentre chez soi avec une image et un commentaire qu’il pourra restituer à ceux qui n’ont pas eu le privilège de faire le déplacement.

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